
L’investissement immobilier représente l’un des placements préférés des Français, avec près de 60% du patrimoine des ménages constitué de biens immobiliers. Face à cette réalité, la question du choix entre un bien neuf ou ancien se pose avec une acuité particulière en 2024. Les évolutions réglementaires récentes, notamment la loi Climat et Résilience, transforment profondément les critères de décision. Les passoires thermiques représentent aujourd’hui 17% du parc immobilier français, soit environ 5,2 millions de logements concernés par des restrictions locatives progressives. Cette situation redéfinit complètement les stratégies d’investissement et impose une analyse approfondie des avantages respectifs de chaque option.
Les investisseurs doivent désormais intégrer des paramètres complexes : performance énergétique, coûts de rénovation, fiscalité évolutive et potentiel de valorisation. Le marché immobilier connaît une mutation sans précédent, où la qualité environnementale devient un critère déterminant pour la rentabilité à long terme.
Analyse comparative des coûts d’acquisition et frais annexes neuf versus ancien
La différence de coût entre un bien neuf et ancien ne se limite pas au prix d’achat affiché. Une approche globale doit intégrer l’ensemble des frais et charges associés à chaque type d’investissement. Cette analyse comparative révèle des écarts significatifs qui peuvent influencer la rentabilité finale de votre projet immobilier.
Impact de la TVA à 20% sur l’immobilier neuf et exonérations VEFA
L’immobilier neuf est soumis à la TVA au taux de 20%, intégrée dans le prix de vente proposé par les promoteurs. Cette taxation représente un surcoût immédiat de 16,67% sur le prix hors taxes. Cependant, certaines exonérations permettent de réduire cette charge fiscale. Les opérations en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement) bénéficient de dispositifs spécifiques, notamment pour les primo-accédants ou dans certaines zones prioritaires.
Dans les quartiers politique de la ville (QPV), la TVA peut être réduite à 5,5%, générant une économie substantielle de près de 12% sur le prix d’acquisition. Cette réduction s’applique également aux logements sociaux intermédiaires et aux programmes d’accession sociale. L’impact financier de cette différenciation tarifaire peut atteindre 30 000 € sur un bien de 200 000 €, modifiant considérablement l’équation économique de l’investissement.
Frais de notaire réduits : 2-3% pour le neuf contre 7-8% pour l’ancien
L’avantage le plus tangible de l’immobilier neuf réside dans la réduction drastique des frais de notaire. Ces derniers oscillent entre 2 et 3% du prix d’acquisition pour le neuf, contre 7 à 8% pour l’ancien. Cette différence s’explique par l’absence de droits de mutation dans le neuf, remplacés par une taxation sur la marge du promoteur.
Pour un appartement de 300 000 €, l’économie réalisée peut atteindre 15 000 €, soit une différence considérable qui améliore directement la rentabilité de l’investissement. Cette économie compense partiellement le surcoût d’acquisition du neuf, rendant l’arbitrage plus complexe qu’il n’y paraît initialement.
L’économie sur les frais de notaire dans le neuf peut représenter jusqu’à 5% du prix d’
acquisition, ce qui équivaut parfois à financer une partie du mobilier ou des travaux de finition sans débourser davantage. Lorsque vous comparez un bien neuf et un bien ancien à budget global identique (prix + frais + travaux), cet avantage sur les frais d’acquisition du neuf doit donc être intégré dès le calcul de votre plan de financement.
Dispositifs fiscaux pinel, LMNP neuf et déficit foncier optimisé
Au-delà du prix d’achat et des frais de notaire, la fiscalité oriente fortement le choix entre immobilier neuf et ancien. Investir dans un bien neuf destiné à la location permet, sous conditions, de bénéficier de dispositifs comme le Pinel (dans ses dernières versions) ou le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP). Ces régimes offrent une réduction d’impôt ou une optimisation de l’imposition des loyers, à condition de respecter des plafonds de loyers, de ressources des locataires et une durée minimale de mise en location.
En LMNP neuf, notamment dans les résidences services (étudiantes, seniors, affaires), l’investisseur peut amortir comptablement le bien et le mobilier, réduisant très fortement l’assiette imposable de ses revenus locatifs. Dans certains cas, la combinaison de l’amortissement et des charges permet de neutraliser l’impôt sur les loyers pendant 10 à 20 ans. À l’inverse, dans l’ancien, l’arme fiscale principale reste le déficit foncier : en réalisant des travaux importants et en optant pour le régime réel, vous pouvez imputer jusqu’à 10 700 € par an sur votre revenu global, et reporter l’excédent sur vos revenus fonciers pendant 10 ans.
Le choix entre Pinel, LMNP neuf et déficit foncier doit donc se faire en fonction de votre situation fiscale actuelle, de votre tranche marginale d’imposition et de votre capacité à gérer un chantier de rénovation. Si vous recherchez une solution « clé en main » avec visibilité sur votre fiscalité, un programme neuf éligible Pinel ou LMNP sera souvent plus adapté. Si vous êtes prêt à vous impliquer dans des travaux et que vous supportez une forte fiscalité sur vos revenus, un investissement dans l’ancien avec déficit foncier optimisé peut s’avérer redoutablement efficace.
Coûts cachés de rénovation énergétique dans l’ancien : DPE F et G
L’un des pièges les plus fréquents de l’immobilier ancien réside dans les coûts cachés liés à la rénovation énergétique. Un logement affiché à un prix attractif mais classé F ou G au DPE (diagnostic de performance énergétique) est souvent ce que l’on appelle une « fausse bonne affaire ». Depuis la loi Climat et Résilience, ces passoires thermiques font l’objet de restrictions croissantes à la location : interdiction de hausse de loyer, obligation de travaux pour continuer à louer, puis interdiction pure et simple de mise en location à horizon 2025-2034 selon la classe énergétique.
Pour remettre à niveau un appartement de 50 à 70 m² en classe F ou G vers une classe D ou C, il faut généralement prévoir entre 20 000 et 40 000 € de travaux : isolation des murs ou des combles, remplacement des fenêtres, changement du système de chauffage, ventilation, parfois reprise de l’électricité. Ces montants viennent s’ajouter au prix d’achat et aux frais de notaire, ce qui peut annuler l’avantage initial du « petit prix » dans l’ancien. Autrement dit, le vrai coût d’acquisition d’un bien ancien énergivore doit intégrer son budget de rénovation globale, sous peine de voir sa valeur et sa rentabilité s’éroder rapidement.
La bonne pratique consiste donc à faire réaliser, avant l’offre d’achat, des devis détaillés par un artisan ou un bureau d’études thermique, idéalement dans le cadre d’un audit énergétique. Vous pouvez ainsi renégocier le prix d’acquisition en fonction du montant des travaux à venir et sécuriser votre plan de financement. Sans cette étape, vous risquez de découvrir après coup que votre investissement nécessite un second crédit travaux ou un apport supplémentaire important pour rester conforme aux futures obligations réglementaires.
Performance énergétique et conformité réglementaire RT 2012 vs bâti existant
La performance énergétique est devenue l’axe central de comparaison entre immobilier neuf et ancien. Là où le bâti existant présente des niveaux très hétérogènes, les logements neufs sont encadrés par des normes strictes (RT 2012 puis RE 2020) garantissant un niveau de consommation maximal. Cette différence structurelle se traduit mécaniquement par des charges de chauffage plus faibles, un meilleur confort thermique et une meilleure résilience aux évolutions réglementaires futures.
Pour l’investisseur, cela signifie que l’immobilier neuf offre une visibilité à long terme sur le coût d’usage du logement et sur sa capacité à rester louable dans un contexte de durcissement progressif des exigences environnementales. À l’inverse, acheter dans l’ancien suppose d’anticiper une trajectoire de mise à niveau énergétique, avec un calendrier de travaux et un budget associés. Ignorer cet aspect, c’est accepter de prendre le risque de voir son bien dévalorisé ou exclu du marché locatif.
Normes BBC et RE 2020 : consommation inférieure à 50 kwh/m²/an
Depuis la généralisation du label BBC (Bâtiment Basse Consommation) puis l’entrée en vigueur de la RT 2012 et de la RE 2020, les logements neufs sont conçus pour afficher des consommations énergétiques très faibles, de l’ordre de 50 kWh/m²/an (voire moins selon les climats et les systèmes installés). Concrètement, cela signifie que pour un appartement de 60 m², la facture annuelle de chauffage peut être 5 à 10 fois inférieure à celle d’un logement ancien non rénové de même surface.
La RE 2020 va encore plus loin en intégrant l’empreinte carbone du bâtiment sur tout son cycle de vie et en favorisant les énergies renouvelables et les matériaux biosourcés. Pour vous, investisseur, ces normes garantissent que votre bien sera aligné sur les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050, ce qui limite fortement le risque de voir apparaître, demain, de nouvelles obligations coûteuses de mise aux normes. À l’inverse, un bâti existant non rénové, surtout s’il date d’avant les années 1990, est souvent loin de ces standards de performance et nécessitera tôt ou tard une rénovation énergétique lourde.
On peut comparer cela à l’achat d’un véhicule thermique ancien par rapport à une voiture hybride récente : même si le prix d’achat de la première est plus bas, le coût d’usage (carburant, entretien, risques de restrictions de circulation) peut rapidement rendre l’option « bon marché » beaucoup moins intéressante. L’immobilier suit une logique similaire, avec un « coût énergétique total » à anticiper sur 10 à 20 ans.
Diagnostic de performance énergétique et interdiction location DPE G dès 2025
Le DPE, longtemps perçu comme un simple document administratif, est désormais un véritable outil de décision pour l’investisseur. Il classe le logement de A (très performant) à G (très énergivore), en intégrant la consommation et les émissions de gaz à effet de serre. Mais surtout, il sert de base à une réglementation de plus en plus contraignante pour les logements les plus mal classés.
Depuis 2023, les logements classés G les plus énergivores (au-delà de 450 kWh/m²/an) ne peuvent plus être mis en location. À partir de 2025, l’interdiction s’étend à tous les DPE G, puis aux DPE F en 2028 et aux DPE E en 2034, sauf réalisation de travaux permettant d’améliorer la classe énergétique. Vous voyez la conséquence pour un investisseur ? Acheter un bien F ou G sans prévoir de travaux, c’est prendre le risque de ne plus pouvoir le louer légalement dans quelques années.
Cette évolution transforme le DPE en critère central de sélection des biens dans l’ancien. Un appartement ancien déjà classé C ou D conservera une attractivité locative durable et un bon potentiel de valorisation. À l’inverse, un logement en F ou G devra être négocié en conséquence, en intégrant un budget de rénovation globale. Dans le neuf, la question se pose beaucoup moins : les programmes récents sortent d’office avec un DPE A ou B, ce qui les place à l’abri de ces restrictions et rassure les locataires soucieux de leurs factures d’énergie.
Isolation thermique renforcée et systèmes de ventilation VMC double flux
La qualité de l’isolation et de la ventilation constitue un autre point de rupture entre neuf et ancien. Les constructions neuves bénéficient d’isolants performants (laine minérale haute densité, isolants biosourcés, rupteurs de ponts thermiques) intégrés dès la conception de l’ouvrage. Les menuiseries double ou triple vitrage, les volets roulants performants et les planchers isolés limitent les déperditions de chaleur et les surchauffes estivales.
La généralisation des systèmes de ventilation mécanique contrôlée (VMC) simple ou double flux dans le neuf garantit par ailleurs un renouvellement d’air maîtrisé, sans pertes thermiques importantes. La VMC double flux, notamment, récupère une grande partie des calories de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant, ce qui réduit encore la consommation de chauffage. Dans un logement ancien sans ventilation adaptée, vous êtes souvent confronté à un dilemme : ouvrir les fenêtres et perdre la chaleur, ou garder un air vicié propice à l’humidité et aux moisissures.
Bien sûr, il est possible de renforcer l’isolation et d’installer une VMC performante dans un bâti existant, mais ces travaux sont plus complexes et coûteux en rénovation qu’en construction neuve. C’est un peu comme vouloir passer une vieille maison de campagne en « maison passive » : techniquement faisable, mais rarement rentable sans aides substantielles. D’où l’importance, pour un investissement locatif dans l’ancien, d’évaluer précisément l’état de l’isolation et de la ventilation avant d’acheter.
Audit énergétique obligatoire et estimation travaux rénovation globale
Pour certains types de biens anciens, notamment ceux classés F ou G au DPE et mis en vente, un audit énergétique est désormais obligatoire. Cet audit va bien au-delà du simple DPE : il propose plusieurs scénarios de travaux pour atteindre progressivement une meilleure classe énergétique (souvent B ou C), avec une estimation détaillée des coûts, des économies attendues et des aides mobilisables.
Pour l’investisseur, cet audit est une mine d’informations : il permet de chiffrer le budget de rénovation énergétique globale à prévoir sur 5 à 10 ans et d’anticiper l’impact sur la rentabilité locative. Vous pouvez ainsi décider de phaser les travaux (isolation, changement de chauffage, menuiseries) en fonction de vos capacités de financement et des échéances réglementaires. À l’inverse, ignorer ces données revient à acheter « à l’aveugle », en espérant que les futures obligations seront repoussées ou moins strictes, ce qui constitue une stratégie risquée.
Là encore, la comparaison avec le neuf est claire : un logement RE 2020 ne nécessitera, en théorie, aucun travaux lourds de performance énergétique pendant de nombreuses années. Dans l’ancien, l’audit énergétique joue un rôle de « feuille de route » indispensable pour transformer un bien énergivore en actif performant, tant pour votre locataire que pour la revente future. Intégrer le coût de ce parcours de travaux dans le prix d’achat est devenu une condition sine qua non d’un investissement réellement maîtrisé.
Potentiel de valorisation patrimoniale et plus-values immobilières
Au-delà de la rentabilité locative immédiate, un investissement immobilier se juge aussi à l’aune de son potentiel de valorisation à long terme. Faut-il privilégier la sécurité normative et la modernité du neuf, ou le cachet et les emplacements premium de l’ancien ? La réponse tient souvent dans la dynamique du quartier et dans la perception future du bien par les acheteurs comme par les locataires.
Historiquement, l’immobilier ancien bien situé a montré une capacité remarquable à surperformer l’inflation, en particulier dans les grandes métropoles et les centres-villes recherchés. Le neuf, quant à lui, subit une décote initiale liée à la sortie de la « prime au neuf », avant de rejoindre la trajectoire de valorisation du marché environnant. Comprendre ces cycles est essentiel pour arbitrer entre plus-value potentielle et sécurité d’usage.
Décote initiale promoteur et rattrapage valeur vénale à 5-7 ans
Un bien immobilier neuf acheté sur plan (VEFA) sort généralement de terre avec un prix intégrant plusieurs couches de marges : promoteur, foncier, frais commerciaux, conformité normative, etc. À la livraison, ce bien perd son statut de « neuf » et devient, juridiquement, un bien « récent » ou « ancien ». Cette bascule entraîne souvent une décote de l’ordre de 10 à 20 % en valeur de marché, surtout si le programme a été vendu massivement à des investisseurs en défiscalisation.
On observe toutefois, dans de nombreux secteurs, un rattrapage progressif de cette décote au bout de 5 à 7 ans, lorsque le quartier s’est développé, que les commerces ont ouvert et que les transports ont été améliorés. À ce stade, le bien est comparé aux autres logements du secteur, et non plus à son statut initial de « produit Pinel ». Pour vous, cela signifie qu’un investissement dans le neuf doit être envisagé sur un horizon moyen-long terme si vous visez une plus-value à la revente.
Dans l’ancien, le mouvement est inverse : vous pouvez parfois acheter avec une décote liée à l’état du bien, au DPE médiocre ou à des travaux de copropriété à venir, puis créer de la valeur en rénovant et en améliorant le confort. La plus-value peut alors être réalisée beaucoup plus tôt, dès la fin des travaux, surtout si le marché local est dynamique. L’arbitrage entre neuf et ancien devient donc un arbitrage entre valorisation progressive « naturelle » (neuf) et valorisation « forcée » par les travaux (ancien).
Secteurs en développement : écoquartiers lyon confluence et paris Clichy-Batignolles
Certains programmes neufs bénéficient d’un atout majeur : ils s’inscrivent dans des opérations urbaines d’envergure, qui transforment en profondeur l’attractivité d’un quartier. C’est le cas par exemple de Lyon Confluence, ancien site industriel et logistique reconverti en écoquartier mixte, ou de Paris Clichy-Batignolles, développé autour du parc Martin Luther King et du nouveau palais de justice. Dans ces secteurs, l’immobilier neuf a parfois surperformé l’ancien, porté par l’arrivée de nouveaux transports, d’équipements publics et d’espaces verts.
Investir dans un tel écoquartier revient un peu à acheter une action dans une entreprise en forte croissance : la valeur du bien dépend autant du bâti que de la dynamique du territoire. Les logements aux normes RE 2020, dotés de balcons, de parkings et de performances énergétiques élevées, répondent aux attentes des nouveaux habitants en quête de confort et de durabilité. À long terme, ces quartiers « vitrines » des politiques urbaines peuvent donc offrir un potentiel de plus-value supérieur à la moyenne du marché.
À l’inverse, un programme neuf isolé dans une zone sur-offerte ou mal desservie risque de peiner à se valoriser, même s’il coche toutes les cases du point de vue technique. D’où l’importance de ne pas se laisser séduire uniquement par le standing du logement : l’analyse de l’emplacement, des projets de la collectivité et de la profondeur du marché locatif reste prioritaire, comme pour tout investissement immobilier réussi.
Charme architectural haussmannien et cachet pierre de taille dans l’ancien
L’un des atouts historiques de l’immobilier ancien tient à son charme architectural. Un appartement haussmannien avec parquet point de Hongrie, moulures et hauteur sous plafond de 3 mètres, ou un immeuble en pierre de taille dans un quartier historique, bénéficient d’une demande structurelle forte, tant à la location qu’à l’achat. Ce « capital esthétique » constitue un facteur de valorisation à long terme difficile à reproduire dans le neuf, même dans les programmes les plus soignés.
Sur le plan patrimonial, ces biens rares jouent souvent le rôle de « valeur refuge » : même en période de ralentissement du marché, les actifs de qualité exceptionnelle se maintiennent mieux que la moyenne. La contrepartie, c’est que ces logements nécessitent parfois d’importants travaux pour concilier cachet ancien et confort moderne : isolation intérieure ou par l’extérieur complexe, menuiseries sur mesure, rénovation des parties communes, ascenseur à installer ou à mettre aux normes.
Si vous avez une appétence forte pour la valorisation patrimoniale et êtes prêt à investir dans des travaux sur mesure, l’ancien de caractère peut offrir un excellent couple rendement/plus-value. Là encore, la clé réside dans la localisation (hyper-centre, quartiers bourgeois, secteurs touristiques) et dans la rareté de l’offre comparable. Un deux-pièces bien rénové dans un immeuble haussmannien proche d’une université ou d’un quartier d’affaires restera, quoi qu’il arrive, un produit très recherché.
Stratégies d’investissement locatif et rendement net-net optimisé
Au-delà des considérations patrimoniales, l’investisseur immobilier cherche souvent à optimiser un indicateur clé : le rendement net-net, c’est-à-dire la rentabilité de son bien une fois déduits l’ensemble des charges, impôts et coûts de financement. Neuf et ancien permettent d’atteindre cet objectif par des stratégies différentes : optimisation fiscale et frais réduits dans le neuf, rendement brut plus élevé et valorisation par les travaux dans l’ancien.
Pour comparer objectivement deux projets, vous devez raisonner en cash-flow (flux de trésorerie mensuel) plutôt qu’en simple rendement brut. En d’autres termes : combien le bien vous coûte-t-il réellement chaque mois, une fois les loyers encaissés et toutes les charges payées ? Cette approche, plus exigeante, permet de révéler les forces et faiblesses de chaque typologie d’investissement.
Calcul du cash-flow et amortissement comptable immobilier neuf
Dans un investissement neuf, notamment en LMNP, le calcul du cash-flow doit intégrer plusieurs paramètres spécifiques : mensualités de crédit, charges de copropriété, taxe foncière (souvent partiellement exonérée les premières années), mais aussi avantages fiscaux liés à l’amortissement comptable du bien et du mobilier. Cet amortissement, non décaissé, vient réduire les revenus imposables sans affecter votre trésorerie, améliorant ainsi votre cash-flow net d’impôt.
Imaginons un appartement neuf de 200 000 € loué en meublé pour 750 € par mois. En régime réel LMNP, vous pouvez amortir chaque année une partie du prix du bien (hors terrain), du mobilier, ainsi que déduire les intérêts d’emprunt et les charges. Dans de nombreux cas, le résultat fiscal sera nul ou faiblement positif, ce qui limite l’impôt sur les loyers. Votre cash-flow dépendra alors essentiellement de l’écart entre l’échéance de crédit et le loyer encaissé, majoré des charges non récupérables.
Cette mécanique d’amortissement transforme l’immobilier neuf en outil de « capitalisation discrète » : vous remboursez de la dette avec les loyers, tout en limitant fortement la fiscalité pendant de nombreuses années. C’est une stratégie particulièrement adaptée aux investisseurs à forte tranche marginale d’imposition, qui recherchent un complément de revenu à long terme sans pression fiscale immédiate.
Marché locatif tendu et demande étudiante dans l’ancien rénové
L’immobilier ancien rénové conserve un avantage majeur : sa présence au cœur des marchés locatifs les plus tendus, notamment dans les centres-villes, les quartiers étudiants et les pôles d’emploi. À Paris, Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Nantes, la majorité de l’offre en petites surfaces destinées aux étudiants ou aux jeunes actifs se trouve dans l’ancien, souvent à proximité immédiate des transports, des universités et des commerces.
En ciblant un studio ou un deux-pièces à rénover dans un quartier où la demande locative dépasse largement l’offre, vous pouvez viser un rendement brut de 5 à 7 %, voire davantage avec une colocation ou une location meublée optimisée. Après travaux, le bien offre un confort et une performance énergétique améliorés, tout en conservant les atouts de sa localisation centrale. L’arbitrage ici est clair : vous acceptez une phase initiale de travaux et un risque de dépassement de budget, en échange d’un rendement supérieur et d’un fort pouvoir de fixation du loyer (dans le respect des encadrements éventuels).
Pour sécuriser cette stratégie, il est essentiel d’analyser finement le marché local : vacance locative moyenne, niveau des loyers pratiqués, profil des locataires, présence d’universités ou de grandes écoles, évolution démographique. Un quartier ancien en déclin démographique ou mal desservi par les transports pourra offrir un prix au mètre carré attractif, mais peinera à générer un rendement net-net satisfaisant faute de locataires solvables.
Gestion locative simplifiée et garanties décennale constructeur
L’un des arguments récurrents en faveur du neuf réside dans la simplicité de la gestion locative au cours des premières années. Un bâtiment neuf respecte les dernières normes techniques, dispose d’équipements récents (ascenseur, chauffage collectif performant, parkings), et bénéficie de multiples garanties : garantie de parfait achèvement, garantie biennale sur les équipements, garantie décennale sur le gros œuvre. En cas de sinistre ou de malfaçon, le promoteur et les assurances construction sont en première ligne.
Pour vous, cela se traduit par une probabilité plus faible de devoir financer des travaux importants sur la copropriété (ravalement, toiture, colonnes montantes, etc.) dans les 10 premières années. Les charges d’entretien sont souvent maîtrisées au début, même si elles peuvent augmenter avec le temps. Cette visibilité réduit les « mauvaises surprises » susceptibles de grever votre cash-flow. En outre, les locataires sont généralement attirés par le confort d’un logement neuf : bonnes performances énergétiques, ascenseur, espaces extérieurs, stationnement.
Dans l’ancien, la gestion locative peut être plus exigeante : équipements vieillissants, interventions plus fréquentes sur la plomberie ou l’électricité, copropriétés parfois mal entretenues. Cela ne signifie pas qu’un investissement ancien sera forcément moins rentable, mais que vous devrez intégrer une marge de sécurité plus importante pour les travaux imprévus. Là encore, une analyse rigoureuse des procès-verbaux d’assemblée générale, du carnet d’entretien de l’immeuble et des futurs travaux programmés est indispensable avant l’achat.
Optimisation fiscale micro-foncier versus régime réel d’imposition
Sur le plan fiscal, le choix entre neuf et ancien se double d’un arbitrage entre régimes d’imposition : micro-foncier ou micro-BIC, régime réel foncier ou réel BIC (pour la location meublée). Le micro-foncier (location nue) et le micro-BIC (location meublée) offrent une simplicité déclarative avec un abattement forfaitaire (30 % pour le micro-foncier, 50 % pour le micro-BIC, voire 71 % pour certaines locations de tourisme), mais ils ne permettent pas de déduire les charges réelles lorsque celles-ci sont élevées.
Dans l’ancien avec travaux importants, le régime réel foncier devient souvent incontournable : il autorise la déduction intégrale des intérêts d’emprunt, des travaux de rénovation, des charges de copropriété, des assurances et de la taxe foncière. En cas de déficit (charges supérieures aux loyers), vous pouvez imputer jusqu’à 10 700 € par an sur votre revenu global, et reporter le solde sur vos revenus fonciers futurs. C’est l’outil privilégié des stratégies de déficit foncier optimisé.
En location meublée, le régime réel BIC (notamment sous statut LMNP) permet d’aller encore plus loin grâce à l’amortissement du bien et du mobilier. C’est particulièrement pertinent dans le neuf, où la valeur amortissable est élevée et les travaux limités. En pratique, un bon conseiller fiscal ou un expert-comptable spécialisé en immobilier vous aidera à choisir le régime le plus avantageux en fonction de votre situation personnelle, de la nature du bien (neuf ou ancien) et de votre stratégie sur le long terme.
Risques techniques et juridiques spécifiques à chaque typologie
Comme tout investissement, l’achat immobilier comporte des risques, qui diffèrent sensiblement selon que vous vous orientez vers un bien neuf ou ancien. Dans le neuf, l’aléa principal tient à la qualité du promoteur, au respect des délais de livraison et au risque de malfaçons. Dans l’ancien, les risques sont davantage liés à l’état réel du bâti, aux vices cachés, à la solidité de la copropriété et aux évolutions réglementaires impactant la location.
Votre objectif est donc de transformer ces risques potentiels en risques maîtrisés, grâce à une due diligence approfondie avant la signature de l’acte. En d’autres termes : vérifier avant, plutôt que subir après. Cela implique de lire attentivement les contrats, de vous entourer de professionnels (notaire, architecte, diagnostiqueur, expert-comptable) et de ne pas vous laisser guider uniquement par le rendement affiché ou la réduction d’impôt promise.
Dans le neuf, la vente en VEFA impose de surveiller le calendrier des appels de fonds, de vérifier les garanties financières d’achèvement et d’être attentif à la réception du logement (établissement de réserves, suivi de la levée de ces réserves). Dans l’ancien, l’analyse des diagnostics techniques (amiante, plomb, DPE, électricité, gaz), des procès-verbaux d’AG et des devis de travaux à venir est cruciale pour éviter les « bombes à retardement » financières. En gardant à l’esprit ces spécificités et en adoptant une approche méthodique, vous maximisez vos chances de faire de votre investissement, qu’il soit dans le neuf ou dans l’ancien, un véritable levier de création de patrimoine sur le long terme.



